Principe de Tenségrité et Tension Mécanique du Vivant du Prof Hassan Zahouani

La tension naturelle de la peau a été découverte en 1834 par Guillaume Dupuytren (chirurgien français) lors d’une tentative de suicide d’un jeune homme. Il a remarqué qu’en enfonçant un poinçon rond dans la peau cela ne produisait pas une plaie ronde mais une fente linéaire.
En 1861, Karl Langer (professeur d’anatomie à l’Académie Saint-Joseph de Vienne) a utilisé le même principe cartographier les lignes de tension sur tout le corps appelées les lignes de Langer.
Aujourd’hui grâce à l’imagerie multi-échelle des tissus et l’application du principe de la tenségrité (intégrité de la tension), développé en 1949, par Richard Buckminster Fuller, un architecte et designer américain, l’analyse de l’intégrité de la tension des tissus vivants peut être étudiée à partir des images des tissus.
La tenségrité est un concept utilisé en architecture, étendu à d’autres systèmes mécaniques (utilitaires ou artistiques), utilisé aussi en biologie, et un sujet d’étude en mathématiques. Son application aujourd’hui aux tissus vivants est un vrai tournant scientifique qui permet de comprendre l’effet de la tension fibrillaire (collagène et élastine) du tissu conjonctif et surtout le fascia superficiel sur tout type de tissu humain. Le développement de ce modèle permet d’étudier l’état de tension de tout tissu vivant. On détermine un indice de tension compris entre 0 et 1, qu’on peut appliquer à différentes zones de l’image, et reconstruire la cartographie de l’état de tension à partir d’une image statique et sans appliquer une contrainte où une force. L’exemple sur l’état de tension du visage et l’effet du vieillissement montre la puissance d’un tel modèle pour l’analyse de la tension mécanique des tissus à partir de tout type d’images.
Le concept de tenségrité nous intéresse particulièrement pour nos études en biologie, étant donné l’omniprésence de ce concept dans la nature et les organismes cellulaires, y compris dans le corps humain. On admet que les cytosquelettes des cellules animales comme conçus avec de telles structures : les microtubules sont au centre d’un réseau de contraintes compressives exercées par des filaments. Il semble que l’on puisse appliquer ce modèle de construction à toutes les parties du corps, de l’organisation microscopique à l’organisation macroscopique (Mégret, 2003). L’application de ce concept sur le cytosquelette des cellules souches, montre l’effet du contact cellulaire avec des topographies multi-échelle sur l’état de tension du cytosquelette, agissant ainsi comme un marqueur mécanique de la mécano-transduction.
Prof Hassan Zahouani
LTDS,Centrale Lyon,Centrale Lyon ENISE,Labex Manutech-Sise,institut Carnot Ingénierie@Lyon

Date de publication : 11/07/2026
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